Alors que le débat fait rage en France sur l’implémentation de cours en langue anglaise, le Point revient sur l’exemple Finlandais.

La Finlande se distingue déjà de la plupart des autres pays de l’Union Européenne de par l’utilisation de deux langues officielles au sein du système universitaire, le finlandais et le suédois. Cette dualité s’explique par l’histoire du pays qui a connu une longue domination suédoise.

C’est dans ce contexte linguistique que l’école de commerce d’Helsinki vient d’annoncer l’abandon des cours en finnois et en suédois au profit de cours exclusivement en anglais pour tous les cursus de niveau Master. D’après Martti Raevaara cette initiative répond à un besoin de formation linguistique des étudiants et permettra d’augmenter les effectifs de l’établissement en recevant plus d’étudiants étrangers.

Une mesure qui fait polémique

Tout comme en France, la décision de faire entrer l’anglais au sein des cours dispensés dans les universités soulève de nombreuses interrogations et parfois même une certaine indignation. Il est d’ailleurs intéressant de remarquer que les arguments utilisés par les « pros » et les « antis » sont les mêmes en France et en Finlande. A la nécessité pour les étudiants de maîtriser la langue incontournable de la mondialisation s’oppose la protection de la langue et (par extension) de la culture nationale et un rejet d’une « hégémonie » de l’anglais.

La place de l’anglais en Finlande

Les Finlandais, comme les habitants des autres pays nordiques sont pourtant réputés pour leur niveau d’anglais élevé qui est due notamment à la forte présence de cette langue au sein de la vie quotidienne (notamment à la télévision qui ne diffuse que des films et séries en version originale sous-titrée). La Finlande est ainsi souvent citée en exemple lors des diverses études sur le niveau d’anglais des européens.

Défendre un patrimoine culturel ou embrasser la mondialisation ?

Si l’anglais est aussi présent dans la vie quotidienne, pourquoi s’émouvoir de son entrée dans la sphère universitaire ? Tout comme en France, c’est avant tout pour défendre leur langue que certains Finlandais montent au créneau. Le rayonnement international du finnois est en effet limité : on estime que seuls 5 millions de personnes parlent cette langue à travers le monde, ce qui pousse certains partis (notamment d’extrême droite) de pronostiquer une disparition de la langue en cas d’une adoption massive de l’anglais au sein des universités des pays.

D’autres voix se font cependant entendre pour une plus grande souplesse du monde universitaire. Taina Saarinen, professeur à l’université de Jyväskylä précise qu’une langue dominante a toujours existée et que les universitaires doivent embrasser l’anglais.

Tout comme en France, les débats promettent donc d’être houleux avant l’adoption d’un consensus sur l’entrée de l’anglais dans le monde universitaire.

Cet article a été écrit par un rédacteur indépendant, Alexis Strat, pour la société Communicaid ; Spécialisée dans les formations en langues étrangères notamment l’anglais des affaires.